Mon expérience du jeûne

Par 2 avril 2018 2 commentaires
noix de coco

Mes tous premiers pas…

Je découvre le jeûne chez Amma Amritanandamayi, figure spirituelle en Inde. Quand je vivais dans son ashram (lieu de vie spirituel), tous les mardis, en son absence, nous étions invités à observer une journée de jeûne et de silence.

Je le pratiquais pour nettoyer mon corps et purifier mon mental. Non pas que mon mental me paraissait léger en jeûne, bien au contraire, je voyais surgir des pensées mélancoliques. Quand, cela me remuait trop, je jeûnais à la noix de coco.

noix de cocoJe comprends à ce moment que je mange pour ne pas avoir à gérer mes émotions. C’est une fuite, je comble par la nourriture mon vide intérieur. Grandir spirituellement, c’est se confronter à sa vérité, d’une beauté infinie cachée sous les décombres de la vie.


En ayurvéda, médecine traditionnelle indienne de 5000 ans, le jeûne est considéré comme l’un des plus puissants facteurs de guérison.

Le jeûne est une approche holistique, qui prend en compte toutes les dimensions de l’être humain :

  • physique : nettoyage du corps, désencrassement des cellules,
  • émotionnelle : les émotions ressortent pour être écoutées, elles ne sont plus étouffées par un processus de digestion excessif et quasi continu,
  • énergétique : les mémoires émotionnelles créent des nœuds énergétiques qui ne laissent pas circuler le prâna, énergie vitale et de guérison. Le jeûne par la libération des émotions dénoue les canaux énergétiques. Et ceci réciproquement,
  • spirituelle : en écoutant son corps, ses émotions, et en laissant l’énergie de vie agir, on se reconnecte à quelque chose de plus grand, à l’idée même que nous ne faisons qu’un avec la terre entière. Cette expérience est propre aux croyances de chacun. Une seule vérité absolue émerge : le sentiment d’un amour grandissant pour soi, les autres et la nature.

Mon jeûne hydrique d’une semaine

Entre temps, j’expérimente différentes pratiques du jeûne : intermittent, hebdomadaire, 3 jours par mois, des diètes etc. Et puis, je ressens le besoin viscéral d’aller plus loin et d’expérimenter le jeûne hydrique à l’eau, statique (sans activité physique) et seule avec moi-même sur une semaine.

Je pars au centre Nature et Vie,fondé par Désiré Mérien, hygiéniste, qui encadre des jeûneurs depuis 55 ans.

Centre nature et vie

Désiré définit dans son livre Le jeûne, santé et longétivité grâce à la détoxination cellulaire, l’action de jeûner :

« C’est s’abstenir volontairement et totalement de tout aliment excepté l’eau, c’est pourquoi le mot jeûne ne convient pas pour décrire une diète de jus de fruits ou de légumes… »

Je découvre que derrière le mot jeûne se cache une vision différente en fonction des courants de pensée et des valeurs défendues. Moi qui souhaitais me couper de tout et stopper ce flot continu de pensées en moi, je me retrouve bercée par les dizaines de livres écrits par Désiré Mérien à tenter de comprendre sa vision du jeûne, et notamment celle des hygiénistes.

 

Livres chez Désiré

Désiré Mérien parle de plusieurs repos :

  • physique (repos musculaire),
  • sensoriel,
  • émotionnel,
  • mental,
  • physiologique (le système digestif étant au repos, les autres systèmes — nerveux, hormonaux, circulatoire… — se retrouvent eux aussi au repos).

Pour intensifier ce repos, je choisis le jeûne statique, pour que mon énergie ne soit pas dispersée vers l’extérieur et qu’elle soit au service de ma détoxination.


Pourquoi détoxiner ? En naturopathie, on considère que toute maladie ou dysfonctionnement physiologique même mineur (cheveux gras, peau sèche, crampe…) est dû à un excès de toxines dans les humeurs (sang, lymphe, liquide extracellulaire, liquide intracellulaire). Le corps produit des toxines, c’est physiologique, elles font partie de la vie et ne sont pas nos ennemies. Cependant, nos comportements alimentaires et sociétaux actuels font produire à notre corps plus de toxines que ce qu’il est capable d’évacuer. Il a donc besoin d’être soutenu dans son processus et la pratique du jeûne peut être intégrée dans notre hygiène de vie globale.

Cette période d’abondance alimentaire nous fait d’ailleurs oublier que les repos digestifs étaient la norme il y a encore quelques décennies.


L’être humain se montre parfois présomptueux sur les processus de guérison. Avec le jeûne, c’est le corps qui décide de lui-même ce qu’il faut guérir. Le jeûne permet de respecter les lois du vivant et laisser la nature faire et reprendre sa place. Le principe d’autolyse entre en scène, les cellules inutiles et défaillantes de notre organisme vont se détruire.

« Les organes nobles comme le cerveau, les tissus nerveux, les glandes, le cœur ne sont pas affectés par cette lyse. Le jeûne représente donc un processus d’auto-nettoyage sélectif de l’organisme.” explique Désiré.

Le jeûne est réparateur et régénérateur par définition. Toutefois, la privation de nourriture n’a plus sa place à partir du moment où le corps entre dans un processus d’autodestruction. Ce passage est assez subtil à identifier, d’où l’intérêt d’un jeune encadré.

Au centre, le jeûneur est invité à effectuer toute une série de contrôles au quotidien : poids, pouls, couleur de l’urine, aspect de la langue, état physique, etc.


Je testerai le jeûne dynamique plus tard. J’ai besoin d’expérimenter. J’aime lire mais concernant la santé il n’y a jamais une vérité pré-établie et intangible. Nous ne connaissons qu’une infime définition du corps humain. Les processus biologiques sont bien plus complexes que ce que connait un esprit humain. Seule l’expérience personnelle compte. Le savoir officiel permet de se diriger pour expérimenter mais il doit rester à sa juste place. Il est avant tout un guide pour expérimenter le savoir initiatique, celui propre à chaque individu et juste à l’instant présent.


Un bon jeûne s’effectue en 3 étapes :

  • descente alimentaire
  • jeûne
  • reprise alimentaire

La reprise alimentaire est simple à gérer. Il s’agit de mettre en place le programme inverse de la descente alimentaire en réintroduisant petit à petit des aliments (jus de légumes/fruits, puis légumes/fruits en entier avec la cellulose, protéines puis lipides). Pour plus de détails, lire le livre, Le jeûne hygiéniste par paliers de Désiré Mérien.

Pour ma part, c’est simple sur le papier uniquement…

En descente alimentaire, mon cerveau s’est conditionné à jeûner, j’étais déjà dans la dynamique de jeûne en amont. Finger in the nose…

En reprise alimentaire, j’ai été très sérieuse la première semaine puis j’ai été confrontée à mes anciens schémas, le retour vers la vie active, et bien souvent sur-active, fait ressortir en moi des émotions que je ne gère pas, que je tente d’étouffer. Quand elles ressortent de manière trop vive, l’alimentation est là pour les calmer…

Alors j’observe qui je suis, comment je fonctionne et surtout m’éloigne du sentiment de culpabilité au possible. Je me rends compte que c’est une phase de tri. Qu’est ce que je garde dans ma vie ? Qu’est ce que je supprime ? Cela impose des renoncements et demande du courage pour créer de nouvelles ouvertures. C’est une phase de positionnement. Un nouvel équilibre se met en place entre la vie avant le jeûne, les prises de conscience pendant le jeûne et ce que l’on peut réaliser dans les semaines qui suivent.

Renaître par le jeûne

 


J’ai eu le privilège d’être accompagnée par Désiré Mérien pendant mon jeûne. J’ai été bercée par ses récits d’histoire et dénouée par les séances de biorespiration qu’il propose. Il s’agit d’un outil de respiration en hyperventilation et anti-maitrise qui favorise détoxination, libération émotionnelle et tensionnelle.

Ces séances ont intensifié ma reconnexion avec mon corps permise par le jeûne ; ressentir sa dureté, son manque de fluidité, notamment au niveau des intestins et de l’estomac.

Citation de Thich Nath Hanh, maître spirituel bouddhiste


Si vous souhaitez vous aussi vivre l’expérience du jeûne, voici quelques adresses :

  • En autonomie : Désiré Mérien, www.nature-et-vie.fr
  • Jeûne statique et holistique : Fabien Moine, www.nutrinamie.fr
  • Jeûne-randonnée  : Monique Poupart, www.randodiete.fr et Fiona Madden.

Pour creuser sur le jeûne :

  • Documentaire de Thierry Lestrade : http://guerir-du-cancer.fr/le-jeune-une-nouvelle-therapie/
  • Livre Le jeûne, santé et longévité grâce à la détoxination cellulaire, editions grancher, de Désiré Mérien
  • Causeries de Fabien Moine sur le jeûne (trentaine de vidéos) et teaser de son prochain film :

Teaser du film sur le jeûne :

Pour suivre mes aventures, mes pages facebook : arrose ta graine (nationale), amandine cotteaux naturopathe (locale) et cocoon et papillon (projet autour du bien-être et de l’écologie).

Belle aventure sur le chemin de l’abondance intérieure et de la frugalité extérieure,

Amandine.

Rejoindre la discussion 2 commentaires

  • PERRAULT Maïlys dit :
    Bonjour,

    Actuellement étudiante en naturopathie je suis très intéressée par la pratique du jeûne. Je m’interroge sur les bienfaits du jeûne pour l’enfant. Est-ce qu’il est possible de faire jeûner des enfants et si oui dans quelles conditions? (jeûne intermitant, diète, jeûne de 24H, jeûne hebdomadaire…)

    Merci beaucoup,
    Maïlys Perrault

    • Amandine dit :
      Bonjour Maïlys,
      Je ne connais pas la pratique du jeûne pour les enfants. Aussi, cela dépend de l’âge de l’enfant : 5, 7, 12, 15 ans… A savoir que l’enfant jeûne naturellement quand il est malade. Aussi, il faut toujours se poser la question de ce que l’on recherche dans le jeûne, c’est une démarche personnelle, il faudrait donc voir avec l’enfant. J’ajouterais que cela nécessite un bilan d’hygiène vital. Belle journée !
      Amandine

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